LES SOIGNANTES MAGIQUES RACONTENT...


Rejoignez-nous sur notre page Facebook...
Chaque semaine, vous y trouverez de nouvelles publications !



Les parents aussi profitent de nos soins !

Quand j'arrive dans le sevice, l'infirmière me donne le rapport des enfants et me parle surtout d'une fille de 4 ans opérée des amygdales qui n'arrête pas de pleurer.
Apparemment ça ne peut pas être à cause de la douleur car elle a reçu suffisamment d'antalgique.
Elle me parle également de la maman, agitée et anxieuse.

Quand j'arrive dans la chambre, je vois en effet une petite fille en larmes et une maman plutôt stressée.
Je me présente et j'essaie d'entrer en contact avec la petite fille, mais pas moyen, elle refuse tout contact.

Je me tourne alors vers la maman et je lui demande comment elle va ?
En peu de temps elle me raconte sa vie. Elle a deux enfants sourds dont la petite fille qui est là, et son mari l'est également.
A la maison, c'est elle qui doit s'occuper de tout, son mari ne peut pas faire grande chose. Elle a donc toutes les responsabilités. Elle me confie que c'est très lourd, et qu'elle n'a jamais une minute pour elle.

Je lui dis que c'est important qu'elle se réserve des moments pour prendre soin d'elle. Par exemple, quand elle va en commission elle peut ne pas rentrer tout de suite, aller boire un café, s'acheter des fleurs ou s'arrêter dans une boutique, etc..
Le fait d'avoir pu me dire sa souffrance l'a calmée et sa fille également s'est calmée... Elle a arrêté de pleurer !
Nous avons fait un jeu toutes les trois.

A la fin d'un soin nous donnons toujours un petit cadeau aux enfants. J'ai décidé de donner aussi un petit ours en peluche à la maman et lui ai dit : ce petit ours sera un rappel de prendre plus de temps pour vous, vous en avez le droit, vous êtes importante. Elle a été très touchée. Elle avait les larmes aux yeux et elle m'a promis qu'elle ferait plus attention à elle à l'avenir.

Quand je les ai quittées, j'ai laissé une maman et sa petite fille, les deux souriantes et détendues.


      


Tu as réussi petit homme

J'entre dans la chambre de Marc. Marc est un enfant au regard vif, mais il ne parle pas et ne bouge pas comme les autres enfants. Je lui propose ainsi qu'à la maman qui est à ses côtés, de faire une empreinte de sa main. Maman me dit que je peux le faire. Je vais chercher une magnifique peinture rouge, un pinceau, de l'eau et une feuille.

La main que Marc utilise le plus est sa main gauche, toutefois je ne peux pas peindre cette main, puisqu'elle est emballée dans un gros pansement. Je peins donc la main droite de Marc. Sa petite main est bien ouverte. Toutefois j'ai oublié un détail, Marc peut être parfois très spastique et sa petite main se referme très fort. Dès lors comment faire une empreinte de main……

J'ai regardé Marc et lui ai expliqué que ce n'était pas un problème, que nous ferions une empreinte de doigt. Je lui ai pris son petit doigt et ai fait l'empreinte. Sa maman a dit qu'elle mettrait l'empreinte dans le journal de Marc, journal qu'il aimait voir et qui lui montrait son chemin de vie.

C'est alors que Marc m'a regardé et a ouvert sa main, il s'est concentré pour y arriver, y est même arrivé deux fois. C'était merveilleux, il avait réussi, et de la main qu'il n'utilisait pas d'habitude. J'ai échangé un regard avec la maman …sans rien dire. Les mots auraient été de trop.

J'ai ensuite lavé sa petite main avec une éponge et du savon et il souriait.

Jamais je n'oublierai le regard de Marc et sa volonté. Merci petit bout d'homme.


      


Des liens se tissent...

J'entre dans la chambre de deux adolescentes et je leur propose de jouer au UNO, jeu de cartes bien connu. Les parties se suivent et nous prenons un énorme plaisir à jouer ensemble.Chacune connaît des règles de jeux différentes que nous ajoutons aux règles de base. Le temps passe trop vite et je dois penser à aller voir les autres enfants du service.

C'est alors que je me dis que je pourrais poursuivre mon Chariot Magique au-delà des murs de l'hôpital. Je demande aux deux filles si elles veulent bien me donner leur numéro de portable, je pourrai ainsi leur envoyer des messages. Je me suis sentie très proche de ces deux adolescentes et n'avait aucune envie d'arrêter là le chemin….
Elles acceptent, bien sûr, elles ne sont pas obligées de me répondre, elles n'ont pas beaucoup d'argent.
Nous avons échangé quelques messages et puis elles sont sorties de l'hôpital et les messages se sont arrêtés.

Toutefois, un jour je reçois un message d'une d'entre elles. Elle me demande comment je vais, je lui demande comment elle se sent. Elle me répond qu'elle doit être hospitalisée pendant trois mois.
Nous échangeons quelques mots, elle a pu ainsi confier une partie de son angoisse à l'infirmière du Chariot Magique.
Il est vital parfois, simplement de pouvoir se confier à quelqu'un. Régulièrement je lui écris pour lui dire que je pense très fort à elle et qu'elle doit prendre soin d'elle.

J'ai retrouvé l'autre adolescente à l'hôpital et c'était une grande joie. Nous avons refait de nombreuses parties de UNO et de Coco Crazy. Elle me battait chaque fois. Elle chante aussi bien, non mieux que Cindy !
Elle m'a dit : "Ici, à l'hôpital, la seule chose qui est bien c'est le Chariot Magique !"

Je vous embrasse les filles.


   


Une petite pause bénéfique

Justine est hospitalisée depuis plusieurs jours. Elle ne mange plus et elle est couverte de boutons. Personne ne sait vraiment ce dont elle souffre et des examens de laboratoire sont en cours. Sa maman, qui est accompagnante, a très envie de sortir un peu de la chambre.

A peine entrée dans la chambre, j'ai commencé de jouer avec Justine. Juste avant mon arrivée, sa maman avait essayé de lui donner à manger, sans aucun succès. Comme j'étais présente pour un moment, sa maman m'a demandé l'autorisation de sortir un peu, ce que j'ai bien évidemment accepté. Mon rôle est aussi d'aider et de soulager les parents.

Pendant l'absence de maman, Justine joue avec plaisir et l'idée me vient d'essayer de lui donner à manger. Incroyable mais vrai….. Justine accepte de manger un yaourt entier ! Quand sa maman revient, elle n'en croit pas ses yeux…. C'est l'effet magique du chariot MAGIQUE.


      


Une personne à qui parler

Pablo n'arrivait pas à dormir, il a alors avalé une grande quantité de somnifères. C'est la raison de son hospitalisation.

Je vais le voir et lui demande ce qui lui ferait plaisir. Il m'explique qu'il n'a pas l'autorisation de sortir de sa chambre sans être accompagné. Sa plus grande envie serait d'aller fumer une cigarette, mais il ne peut le faire que si je l'accompagne à la cafétéria. Pour moi, c'est une demande très particulière. Au départ elle me surprend, mais après réflexion, j'accepte. Je vérifie auparavant si ses parents sont au courant qu'il fume, ce qu'il confirme. Je demande aussi aux infirmières du service si elles m'autorisent à l'accompagner, et nous partons à la cafétéria.

Nous passerons un moment d'échange extraordinaire. Dans la discussion, Pablo m'explique qu'il ne voulait pas mourir... Il voulait simplement pouvoir dormir.

Il me parle aussi de sa passion, le ski, qu'il apprécie parce que l'on se fait tirer jusqu'en haut pour ensuite se laisser glisser jusqu'en bas
.
Bonne chance Pablo, et merci pour ce bon moment !




Transcender les apparences

Ce petit garçon est entré à l'hôpital pour se faire opérer un œil coquin, baladeur, regardant du côté opposé.
Ce matin même, il l'a confié aux mains expertes d'un médecin, chargé de le remettre dans le droit chemin.

Poussant mon chariot par la porte de sa chambre, je le rencontre peu après l'opération.
Comme d'autres avant lui, tant d'enfants ébahis, il pousse un grand " waooooo" d'admiration à la vue de l'engin multicolore aux mille et un trésors.

Alors que sa maman, à son chevet, saisit au vol mon invitation à une petite pause café bien méritée, j'apprivoise doucement le petit garçon.
Faisant plus ample connaissance, je le guide dans son choix d'activité. Bricolage ? Jeu ? Histoire ?
Ses yeux à lui brillent à l'idée d'un maquillage.

Ensemble, couleur après couleur, nous assistons à la métamorphose de l'enfant à l'œil blessé en… pirate !
Son pansement s'intègre à merveille dans la composition du personnage !
Pas peu fier, le voilà trônant dans son lit, miroir en main, sourire aux lèvres.
Le plaisir de se montrer ainsi à maman rajoute une touche de gaité à la scène…

Et voilà l'infirmière chargée des soins au petit malade qui immortalise l'instant au Poloroïd !

Merci petit pirate !




Un bel arbre de vie

Lors de mon soin ludique avec le Chariot Magique, j'ai rencontré un petit garçon en chimiothérapie. Cela faisait plus d'un an qu'il subissait régulièrement son traitement. A chaque fois que le Chariot Magique roulait vers lui, il oubliait tous les moments difficiles et ses yeux se plongeaient sur le chariot.

Ses préférences étaient de bricoler et de faire de la peinture à doigts. Bien sûr, il aimait aussi tester les multiples jeux qui se trouvaient sur notre Chariot Magique.

Ce jour-là, le petit garçon a décidé de bricoler. Je lui ai proposé de choisir un modèle, pour le décorer ensuite avec des boulettes de papier de soie, de différentes couleurs. Notre jeune garçon a choisi un grand arbre et des boulettes vertes, brunes et rouges.

Je lui ai demandé pourquoi il avait préféré l'arbre ? Il m'a alors répondu : " Tu sais, je ne vais pas bien, mais l'arbre redonne toujours des pommes ! " Quelle surprenante réponse de la part d'un petit garçon de 4 ans!

Notre jeune patient a bricolé un magnifique arbre de vie, qu'il a d'ailleurs laissé à l'hôpital. Car à peine 3 semaines plus tard, il est parti rejoindre le monde des anges…




Auprès d'un nouveau-né

Naître. Venir au monde. Oser le grand passage du dedans au dehors. Voilà le défi lancé à chaque petit être. Héroïque, ce voyage vers la lumière brute, ce bond dans un univers de sensations nouvelles.

Et puis il y a toi, petit être meurtri, dont j'entends encore les cris résonnant comme des plaintes.
Toi, tu as dû lutter pour t'extraire du cocon, tout coincé que tu étais... Tiré, poussé, tu es venu chercher ton premier souffle dans un tumulte de ventouses et forceps.

Penchée au-dessus de ton berceau, j'aimerais être une fée pour t'enlever, d'un coup de baguette magique, toutes ces souffrances...
J'ose à peine te toucher, mais tu guides mes gestes, tu m'inspires une douceur absolue.
Une musique légère, aux accords timides semble t'apaiser mieux que je ne pourrais le faire. Je te sens réconforté, si paisible soudain, que l'infirmière veillant sur toi en profite pour faire ses contrôles.
Petits instants merveilleux bien au-delà des mots...




Au-delà des mots

Bonjour petit bout d'chou,

L'infirmière qui s'occupe de toi m'a prévenue de ton handicap et de ta cécité. Je décide donc d'entrer dans ta chambre tout discrètement pour ne pas te surprendre ni t'affoler. Arrivée à ton chevet, je m'adresse à toi d'une voix douce et me présente tout en prenant gentiment ta main et en te caressant le visage. Tu tournes alors ta tête vers moi, et bien que tu ne pas puisses me voir, je sais, à ce moment précis, que tu es avec moi, que le contact est établi et que nous pourrons passer un bon moment ensemble.

Je te confie alors que je me sens bien démunie vis-à-vis de toi. Que va-t-on pouvoir faire tous les deux pendant ce moment que je passerai avec toi ? Au moment où je te raconte tout cela, une envie de te prendre dans mes bras et de ta câliner s'empare de moi. D'ailleurs, le fauteuil proche de ton lit semble nous attendre.

Je ne cherche pas d'autres idées et fais suite à cette envie qui se présente. En te prévenant de mon intention, je te sors de ton lit et m'assieds sur le fauteuil en étant très attentive à ce que tu sois confortablement installé.

A quatre ans, tu pèses déjà quelques kilos et très vite, mes bras et mon dos se fatiguent sous ton poids. Je réalise alors combien je ne suis pas vraiment bien. Comment profiter au maximum de ce moment avec toi si je ne suis pas, moi aussi, confortablement installée ?

Je te repose dans ton lit, le temps de trouver un coussin pour pouvoir m'installer de façon confortable puis je te reprends et je "nous" réinstalle en étant attentive cette fois à ton confort et au mien. Maintenant, tout est parfait et nous allons pouvoir profiter tous les deux de cet instant magique.

Je me mets à te parler doucement, à te chantonner des chansons, à te caresser. Puis, sentant ton petit corps si confiant contre le mien, je fais silence et me laisse aller à profiter tout simplement du bien-être que je ressens.
Mais tout à coup, je pense aux autres enfants qui attendent ma visite. Une vague de panique déferle sur moi à l'idée de devoir te reposer dans ton lit et te quitter… Ce sentiment de te laisser m'est tellement douloureux que je ne sais pas comment faire pour me sortir de cette situation. Il y a cette chose au fond de moi qui a si mal de devoir te reposer dans ton lit et de te quitter en te laissant tout seul dans cette chambre. J'ai l'impression de t'abandonner.

A nouveau, je te confie ce que je ressens et te fais part de cette douleur qui m'habite. Il se passe alors une chose tellement incroyable que j'en reste bouche bée. Tranquillement, tu te détaches de moi et me repousses gentiment de tes petites mains. A ta manière, tu me montres que tu as tout compris et que tu es prêt à retourner dans ton lit.

Je découvre alors le " géant " que tu es, toi le petit garçon aveugle et handicapé que je tiens dans mes bras. Infiniment touchée, je te repose délicatement dans ton lit en te remerciant de ton aide si précieuse et je te quitte en te faisant un dernier câlin.




"Instant magique"

Il arrive parfois qu'un petit enfant malade arrive à l'hôpital suffisamment mal en point pour que le médecin décide de l'hospitaliser, sans pour autant savoir de quoi il souffre exactement. Commence alors pour ce petit, toute une batterie d'examens souvent douloureux et invasifs.

J'ai vécu cette situation avec toi, petit garçon de trois ans et demi. Comment t'expliquer que l'espérance de ta guérison devait passer par toute cette souffrance. Soutenir ton regard craintif, implorant une libération providentielle m'était très difficile et ton "Arrêtez, mais arrêtez !" lancé à corps et à cris, résonne encore dans ma tête.

Peu avant la prise de sang tant redoutée, j'avais tenté d'apprivoiser ta confiance au travers d'un Chariot Magique plutôt exigeant. Voitures ? Marionnettes ? Histoire ? J'avais accueilli chacun de tes refus comme le signe d'un merveilleux regain d'énergie, cantonné que tu étais, dans ton seul espace de liberté. J'avais compris ta méfiance.

Puis vint le moment du soin, inévitablement... Dans un grand ballet de blouses blanches, ta maman à tes côtés, tu as protesté de tout ton corps, de tout ton être. Alors que j'essayais en vain de capter ton attention avec une marionnette et des bulles de savon, le médecin, affairé à te piquer, t'a simplement encouragé à crier plus fort, encore plus fort. C'est exactement ce dont tu avais besoin à ce moment-là.

Cette histoire montre que l'"instant magique" se situe bien au-delà de toute animation, distraction, diversion, mais qu'il s'exprime bien plus dans une capacité à accueillir l'enfant dans son sentiment du moment.




Partie de cache-cache ?

Lorsque j'entre dans la chambre de ce petit garçon de 3 ans, je le trouve en train de se réveiller de sa narcose. Il a été opéré le matin même et a la chance d'avoir ses deux parents à ses côtés, lors de son retour dans le service.

Après une intervention chirurgicale, le réveil n'est pas toujours des plus agréable. La douleur se mêle à l'étrange sentiment de ne plus trop savoir où l'on est et les souvenirs sont parfois bien embrouillés. Dans ces conditions, comment en vouloir à ce petit bout de chou qui pleurniche au fond de son lit et qui se demande ce qui lui est arrivé ? Bien que papa et maman soient présents, il ne reconnaît rien de tout ce qui l'entoure.

Non seulement il est perdu dans ce milieu inconnu, mais en plus, ses deux bras sont entravés. A droite, un épais brassard entoure son petit bras et est relié par un tuyau à une drôle de machine, qui, tous les quarts d'heure, se met à serrer très fort. Il s'agit du monitoring qui surveille sa tension artérielle et ses pulsations. A gauche, sa main est recouverte d'un énorme bandage, duquel dépasse un tuyau en plastique transparent qui lui, est rattaché à un sachet contenant du liquide. C'est une perfusion.

A moitié réveillé, notre petit bonhomme découvre tout cela avec stupéfaction. Il se met alors à toucher sa main gauche, juste à l'endroit où est posé son goutte-à-goutte. Ce geste n'échappe pas à ses parents, qui immédiatement lui demandent de ne rien toucher. Mais Jaime a une idée fixe et incessamment, sa main droite vient se poser sur sa main gauche, à cet endroit si délicat.

Ses parents, tout angoissés, craignent qu'il n'arrache sa perfusion. A chaque fois qu'il approche sa petite main ils lui rappellent qu'il n'a pas le droit de toucher ce pansement et tentent de l'en empêcher sans pouvoir lui exprimer leur crainte. Jaime ne veut rien entendre, se débat et commence à s'agiter. Papa et maman aussi s'énervent et je sens monter la tension…

Quelle aide apporter, dans cette situation ?

Je m'approche de Jaime et je commence à le questionner sur ce pansement. Est-ce que cela fait mal à cet endroit ? Devant sa réponse négative, je continue de le questionner pour tenter de cerner ce qui le dérange vraiment jusqu’à ce qu'il puisse me dire qu'il n'aime pas voir ce pansement et ce tuyau.

Je lui suggère alors de jouer à cache-cache avec ce pansement, proposition à laquelle il adhère tout de suite. Ensemble, nous cherchons ce qui pourrait convenir pour dissimuler au mieux ce bandage. Je lui montre plusieurs choses qui pourraient faire l'affaire et, finalement, Jaime arrête son choix sur une petite peluche rose. Nous trouvons ensuite un beau ruban pour pouvoir attacher cette peluche sur le bandage. Munie de ce matériel,  je peux  réaliser le camouflage parfait !

Content de ne plus voir ce qui le dérangeait tant, Jaime retrouve le calme et le sourire sous le regard rassuré de papa et maman.




Alex et Thibault nous remercient !


Bonjour,

Nous sommes deux petits garçons, âgés maintenant de 9 mois. Nous nous prénommons Alex et Thibault.

Pressés de faire la connaissance de notre grande soeur Pernelle, de Papa et de Maman, nous nous invitons dans votre monde un peu trop tôt. Après un petit séjour au CHUV, nous sommes accueillis en néonatologie à Sion.

Même si nous sommes petits et que nous dormons beaucoup, nous apprécions la visite du Chariot Magique avec Lili, Monique et Magali. Maman a d'ailleurs constitué une boîte magique, faite de nos petits trésors et souvenirs : les autocollants du Chariot Magique sont là!

Merci donc à toutes de ce bel élan d'amour et de générosité. Merci de nous avoir montrer que nous avions bien fait de nous accrocher à la vie. Maman nous dit que nos sommes des champions, mais c'est aussi grâce à vous.

Avec la même simplicité qu'avec laquelle vous vous êtes occupées de nous, nous vous disons MERCI !

Thibault et Alex




Réveille-toi !

Une grande chambre. Un grand lit, avec un grand duvet. Et un tout petit être, qui s’y plaît. Tellement, d’ailleurs, qu’il est plongé dans un profond sommeil.  A quelques jours de vie, l’éveil se conquiert en effet au prix de grands efforts. L’enfant devrait ouvrir les yeux, s’affairer à téter pour prendre des forces et grandir, mais reste désespérément endormi. Maman chatouille, gratouille, stimule la fripouille… navigue entre la joie de retrouver son bébé et l’inquiétude de ne point pouvoir le réveiller. Les yeux toujours clos, le petit être semble nous écouter :

     “ Dur, dur, de trouver la force d’ouvrir les yeux ” 
 
(Il hausse les sourcils)

     “ Quand tu seras ado, et que ta maman te racontera combien tu es resté impassible, avec deux femmes aux petits         soins, des airs de guitare et tant d’amour… ”

(Il ébauche un bref sourire)

Je t’ai longuement parlé.
Maman, doucement porté.
Emues, avons un peu pleuré.
A tue-tête, j’ai chanté.
A la guitare, joué.

Et toi, endormi, tu es resté…

Au moment où nous avions cessé d’espérer, toi, tu as fait une magistrale entrée ! La magie a opéré : tu t’es réveillé !



Quand la peur s'apprivoise

Elle avait à peine 13 ans et des peurs d’enfant dans un corps de jeune femme. J’avais tout d’abord croisé un papa qui faisait les cent pas devant la porte d’une chambre où s’affairait un corps médical en quête de réponses. Comme souvent, le temps de l’attente était marqué par l’inquiétude : que cachaient ces symptômes étranges ? En serrant deux paires de mains, puis en croisant les regards, j’allais à la rencontre d’un monde d’incertitudes et avais à gagner la confiance d’un père et de sa fille en pleine tourmente. L’angoisse de ne pas savoir se faisait sentir, espace laissé libre pour imaginer le pire… quelque chose de diffus, incernable, encore hors de portée. La jeune femme a osé partager avec moi sa crainte de la prise de sang imminente ; je dis a osé,car il fallait du courage pour avouer une de ces peurs que l’on pourrait juger quelque peu démesurée à partir d’un certain âge !
Sa confidence m’offrait l’opportunité de lui venir en aide. Ensemble, nous avons entrepris de décrire cette peur, de la comprendre, pour pouvoir mieux la traiter. Après avoir rêvé toutes les façons d’en prendre soin, un art de bien la vivre s’est révélé le plus juste. Face à cette peur, elle ressentait un besoin d’évasion. En accord avec les soignants, nous sommes alors parties en ballade dans l’hôpital, à la découverte des moindres recoins. Moi qui considérait comme absolument sacré, le fait de vivre pleinement les émotions, de ne point les fuir et qui rechignait à entrevoir le chariot magique comme une occasion de divertir, changer les idées, j’avais à reconnaître et accueillir un autre besoin que le mien. Pour cette jeune femme, ce jour-là, à ce moment précis, ce qui pouvait m’apparaître comme une fuite avait été miraculeusement aidant. Je suis reconnaissante d’être, au travers de mes accompagnements, si souvent poussée au-delà de mes zones de confort, à la découverte des ressources de l’autre.




Père Noël

Tu n’as qu’une seule idée en tête : manger ! Je te rencontre en attente désespérée d’un repas qui tarde. Tu es visiblement contrarié et tu me fais sentir  que j’ai très peu de chance de réussir à te faire passer un bon moment. Je tombe mal, mais je choisis de rester en ta compagnie, échangeant quelques mots « l’air de rien ». Guidée par l’inspiration du moment, saisissant au vol la moindre perche que tu me lances, je m’accroche à ce tout petit espoir d’arriver à t’approcher. Nous sommes à la salle de jeu et tu es accompagné de deux autres enfants, venus te visiter. Au cours d’une conversation qui pouvait aussi bien déboucher sur une impasse, tu me lances : « De toute façon, le Père Noël n’existe pas ! » Je feins l’énorme surprise, le choc absolu, provoquant un rire général ; puis démarre une discussion sur le fait de croire ou non au Père Noël : « Et si c’était vrai ? » Dans une ambiance propice aux confidences, tu avoues avoir en fait un doute, ce à quoi je réponds que si je n’ai aucune certitude, j’ai envie d’y croire !
Tu as peur d’être oublié par le Père Noël, si tu dois rester à l’hôpital. Je t’aide alors à lui écrire une lettre, exposant tes désirs mais aussi tes craintes. Je t’encourage à dessiner un plan d’accès à l’hôpital destiné au Père Noël et m’engage à transmettre ta demande.
Ta maman me fait le bonheur d’être complice d’une idée un peu folle : je te ferai parvenir une réponse du Père Noël, qui aura transité par la Norvège, via un ami y résidant.



Pâte à modeler

Partons à la rencontre d’une petite fille qui rêve de manger mais qui n’en a pas le droit, parce qu’elle risque de devoir être opérée bientôt. Mon chariot, son chariot magique ce matin-là, c’est une invitation à jouer, même dans les moments difficiles. Et si on osait carrément se jouer du moment difficile ? Et si la petite fille pouvait trouver là, avec moi, l’espace pour exprimer sa gourmandise, pour matérialiser ses envies gastronomiques les plus folles ?
Tournant délibérément le dos aux « Pense à autre chose », « Distrais-toi pour oublier ton envie déraisonnable », la petite fille a saisi la pâte à modeler et façonné un délicieux gâteau à la crème et une pastèque aussi rose que juteuse. L’interdit s’est senti plus léger…



Tour qui s'écroule

La consultation ambulatoire est prévue pour ta petite sœur, âgée de quelques jours seulement. Ses tous petits doigts enflammés préoccupent ta maman. Toi, tu suis. Je te rencontre dans la salle d’attente.
L’infirmière installe maman et bébé dans un box, nous laissant tous les deux pour un temps.
Du haut de tes deux ans, tu démontres déjà une sacrée autonomie. Je te sens un peu coincé entre l’inquiétude de ta maman, l’ambivalence de tes sentiments, le besoin d’être reconnu, la rage de subir quelque chose qui te dépasse, sans qu’il y ait de mise en mots.
Tu es important, petit homme, et au fond de toi tu le sens bien. Mais avant toute chose, cette rage demande à trouver un espace où s’exprimer.
Je construis alors avec toi de grandes tours de cubes multicolores, feignant de m’appliquer tout particulièrement, afin de rendre leur chute encore plus « dramatique ». Dans un jeu dont tu es le héros, les tours s’érigent et volent en éclat au gré de tes (coups de pieds, coups de mains) humeurs. L’exercice est jouissif !
Peu de moyens, peu de matériel auront suffi à t’offrir l’instant magique.
Merci pour ta confiance, petit bonhomme. Que tu puisses trouver la place qui est la tienne, unique.



Petite souris

On ne perd pas ses dents, à quatre ans. Pas encore… Pourtant, toi, tu avais déjà entendu parler de la petite souris. Ta maman t’avait annoncé sa visite fort probable, un fois ta dent arrachée.
Je fais ta connaissance à ton réveil de l’opération d’extraction. Il semble que tu as mené un sacré bal avant de t’endormir, sans doute par crainte : maman, à ton chevet, est plutôt mécontente de la manière dont les choses se sont passées… Elle qui avait promis le passage de la fameuse souris n’est plus si sûre de la faire venir !
Le chariot magique arrive à point nommé, pour plaider la cause d’une petite souris sans conditions.
Nous convenons alors discrètement d’un « plan » : je suis supposée cacher une petite surprise sous ton oreiller. Mais voilà que dans ma hâte, je me trompe de lit et lorsque tu soulèves le bon oreiller, tu ne vois que des draps blancs. Habile, ta maman suggère que la souris est certainement peu habituée aux hôpitaux et qu’il faut peut-être chercher dans d’autres lits. Un peu sceptique et presque agacée, tu soulèves tellement brusquement l’oreiller du lit de ta maman que le petit cadeau, après avoir volé au-dessus de ta tête, vient te surprendre à l’atterrissage. Tout est bien qui finit bien, avec ton sourire d’enfant émerveillé.

 


Accueil
© Association CHARIOT MAGIQUE